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A QUOI ÇA SERT ?



J’avais un réel besoin de prendre l'air, de voir la mer.

Alors ce midi, je suis allée à Arromanches.

Cette plage a accueilli le débarquement de nos alliés en 1944.

Grâce à eux nous sommes libres.

Mais à quel point sommes nous libres ?

Comment pouvons-nous êtres libres dans nos têtes quand on constate le carnage écologique qui se joue.

La mer devrait nous évoquer de jolies choses, non ? Le sable, les enfants qui jouent à faire des châteaux de sable, les premiers émois amoureux durant les grandes vacances, prendre le soleil, se baigner en se laissant aller, se relaxer, lire un bon bouquin sous un parasol, les poissons, les bancs de sable, les vagues qui finissent leur course à nos pieds … ou contre les rochers … et qui déversent des tonnes… et des tonnes de merde. Notamment ce caoutchouc noir élastique utilisé par les pêcheurs. En l’espace de dix minutes, j’en ai ramassé un bon kilo et demi. Sur un périmètre d’à peine 50 m2.

La marée était haute.

Je ramassais en me disant : ne sois pas pessimiste, tu fais une bonne action !!

Mais en fait, à quoi elle sert cette bonne action ? Car je ramasse, mais si je reviens à la prochaine marée haute c’est à dire dans mon de 24h, je trouverai autant de débris.

Et c’est juste ici, dans mon tout petit coin du monde.

Alors qu'est-ce qui me conduit au pessimisme ? C'est de savoir que c’est pareil sur toutes les plages du monde. Ce qui représente des dizaines de milliers de kilomètres de plages avec des déchets soit des millions de tonnes de déchets.

Et il faudrait être optimiste ?

Il faudrait aller à la plage sans se soucier de ça ?

Comment ? Moi je n’y arrive pas !

Habituellement, j’y vais quand c’est marée basse. Je trouve quelques déchets mais peu et je les ramasse souvent.

Mais là, marée haute, un tout petit bout de plage était accessible grâce à une plage de galets … et le carnage ! La décharge !!!

Quand je suis arrivée ici il y a 6 ans, je me souviens avoir ramassé, un dimanche matin, près de 3 kgs de ces élastiques de pêche. J'avais été choquée. Mais pas dévastée.

Peut-être n’étais-je pas aussi pessimiste, alarmiste ou tout simplement lucide sur l’état du monde.

J'ai conscience que beaucoup d'associations travaillent dur pour lutter contre le désastre écologique global qui est bel et bien présent.

Je les salue. Où trouvent elles la force d’agir en sachant que la tâche est abyssale ?

Est-elle utile ? N’est-ce pas trop tard ? J'ai bien peur que la réponse soit dans la question.

Voilà plus de deux mois sans poster car je suis perdue dans ce monde qui m’affole, mes idées sont perturbées et mon esprit embué. Je sais que certains en ont marre de me lire car mes posts ne sont pas très gais. Croyez-moi, j'essaie d'être positive, mais la triste réalité m'atteint pleinement.

À l'évidence, être positive, optimiste m'apporterait bien plus de joie que d'être dans l'état d'esprit dans lequel je suis.

Mais reconnaissez qu'aller prendre l'air, au bord de la mer, vouloir se vider la tête, respirer l'air frais, iodé, et avoir toute cette merde sous les yeux, ça vous plombe votre moment et en dit long sur l'état du monde ...

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